Le Touquet-Paris-Plage, la plus britannique des stations balnéaires françaises

par Doris
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Imaginez une forêt de pins centenaires bordant une immense plage de sable fin, où les villas anglo-normandes rivalisent d’élégance avec les édifices Art déco. Bienvenue au Touquet-Paris-Plage : un condensé de chic et de nature qui cultive, depuis plus d’un siècle, cet art de vivre « so British » sur les rivages de la Côte d’Opale. 

Ce lien indéfectible avec l’Angleterre ne doit rien au hasard. Il est inscrit dans l’ADN de la station depuis 1902, lorsque le Britannique John Whitley a imaginé ici le lieu de villégiature idéal pour l’aristocratie londonienne. De l’emblématique hôtel Westminster aux greens de golf tournés vers la mer, la cité balnéaire a su préserver ce parfum d’outre-Manche qui en fait, aujourd’hui encore, une escale à part sur le littoral français.

Villa anglo-normande nichée dans la forêt de pins du Touquet-Paris-Plage.

Une histoire intimement liée à l’Angleterre

L’histoire du Touquet débute en 1837 lorsqu’Alphonse Daloz, notaire parisien, acquiert le Domaine du Touquet, un hameau sauvage de 1 600 hectares bordant l’estuaire. Dès 1855, il plante des pins maritimes pour stabiliser les dunes et façonne une vaste forêt, où il convie ses amis parisiens à des parties de chasse. Parmi eux, Hippolyte de Villemessant, fondateur du Figaro, qui lui souffle en 1874 l’idée de créer une station balnéaire entre mer et forêt. Le lotissement Paris-Plage, inauguré en 1882, marque la naissance de la station. Ce nom avait pour ambition de séduire la bourgeoisie parisienne en lui offrant son propre jardin maritime à quelques heures de la capitale.

L’ère Whitley : l’impulsion britannique

En 1902, l’histoire du Touquet prend un nouvel essor avec l’arrivée de John Whitley. Cet homme d’affaires britannique visionnaire rachète le domaine du Touquet aux héritiers Daloz. Avec son ami banquier Allen Stoneham, il fonde la société Le Touquet Syndicate Limited, qui favorise le développement de la station à travers la création d’infrastructures sportives et hôtelières. C’est sous son ère que l’impulsion est donnée pour la construction de nombreux hôtels prestigieux destinés à la clientèle britannique. En 1903, il transforme le château en bois de Daloz en Hôtel de la Forêt, où un casino est aménagé, attirant une clientèle majoritairement britannique, séduite par les jeux d’argent alors interdits en Angleterre. Avant la crise de 1929, le casino devient l’une des plus grandes salles de jeux d’Europe, fréquentée par la haute société parisienne et britannique. Rapidement, la station s’impose comme un lieu de villégiature prisé. Parmi les visiteurs : Noël Coward, Winston Churchill, le duc et la duchesse de Windsor, et même Elizabeth II, venue avec son oncle Édouard VIII pratiquer le char à voile et l’équitation.

Renaissance et Années Folles

Si la Première Guerre mondiale transforme les hôtels en hôpitaux militaires, l’entre-deux-guerres marque une période de prospérité exceptionnelle. Le Touquet renaît avec éclat. Les Années Folles marquent une période de prospérité exceptionnelle : boutiques de luxe, maisons de couture — dont Poiret —, casinos, champ de courses et festivals transforment la station en haut lieu de divertissement et d’élégance. Les hôtels aux noms évocateurs — Balmoral, Bristol, Windsor — confirment cette influence britannique. C’est l’apogée du raffinement avec l’ouverture du Westminster en 1924 et du monumental Royal Picardy en 1929, alors sacré « plus bel hôtel du monde ».

Malgré les traces profondes laissées par la Seconde Guerre mondiale, Le Touquet a su se réinventer tout en conservant cette empreinte britannique qui fait encore aujourd’hui son identité singulière.


Aujourd’hui, l’élégance historique du Touquet-Paris-Plage se conjugue au présent à travers un patrimoine vivant et une nature sauvage qui continue d’inspirer les voyageurs. Entre ses adresses mythiques et ses villas classées, la station invite à une découverte où chaque détour révèle un nouveau visage de la Côte d’Opale.

Villa anglo-normande nichée dans la forêt de pins du Touquet-Paris-Plage.
Villa anglo-normande nichée dans la forêt de pins du Touquet-Paris-Plage.

Villas et patrimoine architectural

Du Phare de la Canche, joyau de 57 m érigé en 1947 par Louis Quételart, aux villas anglo-normandes du centre-ville, Le Touquet se découvre au gré d’une flânerie. La station s’enorgueillit de posséder 21 édifices protégés au titre des Monuments historiques — un record pour une ville balnéaire — au cœur d’un patrimoine de plusieurs centaines de demeures remarquables.

Pour une vue panoramique exceptionnelle, grimpez les 274 marches du phare et admirez la mer, la forêt et la campagne environnante s’étendre à perte de vue.

Le Phare de la Canche au Touquet, monument historique de 57 mètres de haut.
Villa anglo-normande au Touquet-Paris-Plage.

La rue Saint-Jean dévoile le Village Suisse, tandis que l’Hôtel de Ville et le Castel d’Henri Valette reflètent le style néo-médiéval. Ne manquez pas la surprenante Villa Tata Ice, à la façade rose, qui mêle Art Déco et influences cubistes.

Le village suisse sur la rue Saint Jean
La Villa Tata Ice au Touquet, architecture insolite à la façade rose cubiste.

La Place du Centenaire, inaugurée en 2017, abrite la Tour-Paris-Plage, reproduction en sable de la Tour Eiffel, symbole du lien entre Paris et Le Touquet. La Villa Way Side, musée niché au cœur de la forêt, permet de découvrir peintures de l’École d’Étaples, photographies et collections modernes et contemporaines, offrant un parcours culturel complet.

La Tour-Paris-Plage sur la Place du Centenaire
La Villa Way Side, au cœur de la forêt

Le marché couvert, classé Monument historique depuis 1996, séduit par sa façade semi-circulaire et son toit pentu en tuiles plates. Sa grande voûte centrale, surmontée d’une horloge, organisait la circulation à double sens de la rue Jean Monnet menant à la place.

Marché couvert du Touquet-Paris-Plage, halle circulaire classée Monument Historique.

L’emblématique Hôtel Westminster

Symbole du chic british sur la Côte d’Opale, l’hôtel Westminster brille depuis les Années Folles. Sa galerie des célébrités rend hommage à ses illustres hôtes : Churchill, Dietrich, Piaf ou Connery. C’est ici qu’Ian Fleming aurait terminé Casino Royale, et qu’une suite 007 lui rend aujourd’hui hommage. Seul cinq étoiles de la Côte d’Opale, l’hôtel abrite la table étoilée Le Pavillon. En 1962, Sean Connery y aurait même signé son contrat pour incarner James Bond dans Dr No.

Façade Art déco de l'Hôtel Barrière Le Westminster au Touquet-Paris-Plage.

Le Palais des Congrès et le Casino Barrière

Édifié en 1913 sur les fondations du Château Daloz, le Palais des Congrès abrite un casino qui, avant la crise de 1929, était l’une des salles de jeux les plus prestigieuses d’Europe. Rénové en 2018, il marie désormais ses salons historiques à une architecture contemporaine, incluant la nouvelle salle Maurice Ravel de 1 200 places.

Façade historique du Palais des Congrès et Casino Barrière du Touquet-Paris-Plage.

Plages, nature et activités

Les vastes plages de sable fin du Touquet sont parfaites pour une promenade à toute saison, tandis que les dunes et sentiers forestiers révèlent une lumière si particulière qu’elle a inspiré de nombreux artistes. Les routes larges et tranquilles invitent à une balade à vélo le long des dunes et de la Manche, sur environ 19 km de pistes cyclables. Pour les amoureux de nature, la Baie de Canche permet d’observer les phoques à marée basse.

La plages de sable fin du Touquet avec ses dunes

Le Touquet est également un terrain de jeu idéal pour les amateurs de golf. Inauguré en 1904 par le Premier ministre britannique de l’époque, Lord Balfour, le golf du Touquet rassemble depuis lors Français et Britanniques dans un cadre exceptionnel. La station propose trois parcours – deux de 18 trous et un de 9 trous – qui serpentent entre forêt de pins et dunes de sable, offrant de magnifiques vues sur la mer.

Parcours du Golf du Touquet entre dunes et pins sur la Côte d’Opale.

Shopping, gastronomie et art de vivre

Entre boutiques de créateurs et enseignes indépendantes, vous trouverez forcément quelques trésors à rapporter. Les rues piétonnes sont ponctuées de restaurants et de bars parfaits pour une pause gourmande. Les enfants, eux, ne résisteront pas à la spécialité locale : la « Pâte à tartiner », réponse du Touquet au Nutella, à savourer sur crêpes, glaces et bien d’autres douceurs. On ne quitte pas la station sans un passage chez Pérard pour sa soupe de poissons, ou à la chocolaterie Au Chat Bleu, icône depuis 1912.

Les rues piétonnes du Touquet-Paris-Plage et ses villas

Le Touquet de demain

Tournée vers l’avenir, la station mène actuellement un chantier colossal de rénovation du Front de Mer. Ce projet de 70 millions d’euros vise à végétaliser la promenade et à créer cinq parcs thématiques, confirmant l’ambition du Touquet de rester, pour le siècle à venir, la plus élégante des stations balnéaires.


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